Consulter le rapport d'activité 2011 en PDF          telecharger
Entretien avec
michel Bleitrach

2011 en images
5 enjeux d'avenir
Le point K pour...
Groupe keolis rapport d'activité 2011
Le point K pour...
Quel objectif commun pour le tramway de Nottingham ?
Ian Morgan
Vice-président de Wellglade et directeur de Trent Barton
 
Pourquoi avez-vous décidé de vous associer au projet de tramway de Nottingham ?
I.M.
En tant qu’opérateur de bus à Nottingham, nous pensons que le tramway est une extension naturelle de notre activité, qui consiste à transporter les habitants. C’est pour cette raison que nous avons décidé de nous associer à Keolis, Vinci, Alstom, Meridiam et OFI Infra Via dans le consortium Tramlink. D’ailleurs, l’autre opérateur de bus de Nottingham était engagé dans le consortium concurrent, preuve que nous partageons le même intérêt pour l’intégration des modes de transport.
Comment percevez-vous les rôles respectifs de Keolis et de Wellglade dans ce partenariat ?
I.M.
La position de Keolis, référent mondial en matière d’exploitation de tramways, est indéniablement un atout. Le travail que le Groupe a réalisé à Melbourne nous a vraiment impressionnés. De notre côté, nous sommes reconnus pour la qualité de nos services et l’attention que nous portons à nos voyageurs. Nous constituons une équipe de rêve, combinant l’expertise tramway de Keolis et notre bonne connaissance de la région.
Quel rôle allez-vous jouer dans l’exploitation du réseau de tramways ?
I.M
Si le tramway représente une concurrence pour notre activité, il doit surtout être perçu comme une offre complémentaire. Comme lors du lancement de la première ligne de tramway, nous allons faire en sorte d’optimiser les correspondances entre nos bus et les tramways roulant sur les deux nouvelles lignes. Notre objectif commun, avec Keolis, est d’augmenter la fréquentation.
Ian Morgan
images
Le point K pour...
Quel rôle joue Keolis dans les consultations publiques ?
Charles-Eric Lemaignen
Président de la communauté d’agglomération Orléans Val de Loire (l’AgglO)
 
Pourquoi avoir organisé une concertation publique préalablement à la réorganisation du réseau de transport orléanais
C-E.L.
Depuis 2001, l’AgglO consulte ses habitants sur les grands projets structurants de notre territoire. La refonte du réseau tram-bus à l’arrivée de la seconde ligne de tram impliquait bien sûr une participation active des usagers. La réponse apportée par Keolis à notre appel d’offres de 2003 a conforté ce choix. C’est un autre opérateur qui avait remporté le marché, mais j’avais été impressionné par la démarche de consultation que le Groupe avait menée à Rennes. La refonte de notre réseau de transport s’étant révélée peu fonctionnelle, nous avons très vite songé à restructurer les lignes. Dès lors, pour la mise en service du réseau de bus associé à la deuxième ligne de tram, nous avons décidé de consulter l’ensemble des parties prenantes : les communes, les partenaires, les candidats à la DSP et le grand public.
Comment se sont déroulées ces réunions publiques ?
C-E.L.
Nous avons organisé sept réunions : une pour la présentation globale du réseau et une dans chacune des six zones, afin d’étudier plus précisément les dessertes avec les riverains. 1 500 personnes ont participé. Keolis nous a beaucoup aidés à préparer ces réunions : nous avions envisagé les questions qui pourraient être soulevées par les habitants afin de déterminer à l’avance le plus de réponses possible. Une équipe de Keolis était également présente dans la salle pour nous aider à répondre aux questions que nous n’avions pas anticipées. Cela nous a permis d’aboutir à un résultat très constructif.
Qu’a apporté le regard des usagers-citoyens au projet ?
C-E.L.
Le projet que nous leur avons présenté prenait en compte deux impératifs : proposer une architecture cohérente et répondre aux contraintes financières. Nous avons accédé à toutes les demandes qui ne contrevenaient pas à ces deux éléments, soit plus de 90 % des requêtes. Celles-ci portaient essentiellement sur le réseau lui-même : déplacer un arrêt, emprunter un tracé plutôt qu’un autre, prolonger, modifier ou fusionner des lignes. À l’issue de ces consultations, nous avions prévu une phase d’ajustements techniques. Avec l’aide de Keolis, nous sommes allés jusqu’à apporter des réponses aux rares points de blocage qui n’avaient pu être résolus. Après le vote du trajet définitif, une réunion de restitution a été organisée. L’objectif de cette concertation était aussi d’impliquer les usagers et nous espérons que cela se traduira par une hausse de la fréquentation et que les voyageurs apprécieront les nouveaux services de mobilité offerts.
Ian Morgan
images
Le point K pour...
Qu’apporte EFFIA aux politiques de stationnement ?
Jean-François Retière
Vice-président de Nantes Métropole, chargé des déplacements et des transports collectifs...
 
Comment intégrez-vous le stationnement dans la politique de déplacement de Nantes Métropole ?
J-F.R.
Nantes Métropole a rassemblé l’ensemble des services de mobilité dans une même direction afin de bâtir une politique plus cohérente, encourageant les modes alternatifs de transport. Le stationnement en fait partie intégrante. Notre offre s’articule autour de trois axes : pour les déplacements domicile-travail, des parkings à l’extérieur de l’agglomération permettant de se reporter sur les transports en commun ; pour les résidents, des places de stationnement avec un tarif adapté (voirie, parking en enclos ou ouvert) au centre-ville ; pour les visiteurs, une offre similaire avec une tarification progressive. Des parkings à proximité de la gare accueillent un public d’affaires et d’autres usagers du train. Dans les gares Nord et Sud, EFFIA gère de plus la création d’importants parcs à vélos : près de 1 000 places sont prévues à terme.
Pourquoi déployer autant de parcs à vélos dans les gares ?
J-F.R.
Nous avons initié, depuis trois ans, un ambitieux plan vélo qui repose sur une offre en libre-service (Bicloo) ou en location. Il faut aussi prendre en compte la flotte la plus importante, celle des vélos personnels. Or nous avons constaté que l’un des principaux freins à l’utilisation du deux-roues était la peur du vol. Il fallait donc proposer des places de stationnement sûres, a fortiori à proximité des gares, où les vélos sont laissés pour de longues périodes.
EFFIA est réputée pour sa culture intermodale. Cette dimension a-t-elle compté dans le choix de Nantes Métropole ?
J-F.R.
Notre appel d’offres était très précis quant à la dimension intermodale de notre politique de stationnement, et la proposition d’EFFIA y répondait parfaitement. Dans de telles compétitions, la « culture » de l’opérateur compte beaucoup. L’expertise intermodale d’EFFIA, sa connaissance des gares et des parcs à vélos ont été un atout. La variante proposée pour l’agrandissement du parking Nord a été appréciée.
Vos parkings sont gérés par une SEM et par des délégataires privés comme EFFIA. Comment s’organise la collaboration ?
J-F.R.
Associer des acteurs d’horizons divers est une tradition pour Nantes Métropole, qui souhaite ainsi créer une émulation positive. Le dialogue avec EFFIA et la SEM est riche d’enseignements. En tant qu’opérateur privé, EFFIA nous a, par exemple, apporté son expertise en matière d’audit qualité et de suivi de la fréquentation. La diversité des savoir-faire nous permet de construire une offre de stationnement équilibrée, proposant assez de places pour encourager les modes doux, mais pas trop afin de ne pas gaspiller l’espace public.
Jean Fançois Retière
images
Le point K pour...
Pourquoi l’information voyageurs est-elle primordiale ?
Sofia Escamilla
Chef de projets information, accessibilité et qualité chez Keolis
 
Quels sont aujourd’hui les grands défis de l’information voyageurs ?
S.E.
Le transport public évolue de manière considérable : nouvelles attentes des citoyens avec plus d’instantanéité et de transparence, diversité de l’offre de mobilité, nouvelles technologies, qui créent de nouveaux usages… Nous devons revoir notre manière de communiquer pour replacer le service au cœur de notre offre. Autre défi à relever : celui de l’accessibilité. Conformément à la loi, nos dispositifs d’information devront, d’ici à 2015, permettre aux plus fragiles d’accéder aux transports en commun comme n’importe quel citoyen.
Comment Keolis s’est-il adapté à cette « révolution » de l’information voyageurs ?
S.E.
Depuis deux ans, nous approfondissons nos connaissances des besoins d’information des voyageurs. Si les réseaux sociaux ou les applications pour mobiles permettent de toucher un nouveau public, les supports plus « classiques » entraînent également une augmentation des usages. Nous travaillons donc à améliorer les performances de tous les canaux d’information. Nous avons ainsi anticipé la remise aux normes des dispositifs d’information dans les véhicules et aux arrêts. Parallèlement, nous avons développé des services d’information directement inspirés de l’expérience des utilisateurs. Nous proposons deux packs : COZY pour les services disponibles en ligne et NOMAD pour les services temps réel en mobilité.
Comment opérateurs et collectivités se partagent-ils la gestion de cette information ?
S.E.
Une grande partie du coût des transformations est supportée par les collectivités. Les opérateurs ont cependant beaucoup investi pour proposer des services d’information capables de faire grimper la fréquentation. C’est même devenu un argument central lors des appels d’offres… Se pose aujourd’hui la question du partage des données que nous produisons afin de renseigner les voyageurs. La plupart des collectivités locales plaident pour une libéralisation de ces informations afin d’encourager la multimodalité sur leur territoire. Un nouveau défi auquel les opérateurs devront répondre !
Sofia Escamilla
images
Le point K pour...
Dialoguer avec les parties prenantes, une priorité dans les politiques RSE ?
Anne-Marie Ducroux
Fondatrice de la société Au nom du vivant, Présidente de la section environnement du CESE
 
Dialoguer avec les parties prenantes est un axe de plus en plus important des politiques RSE des entreprises.
Pourquoi ?
A-M.D.
Une véritable démarche RSE se construit à partir d’une double impulsion : la vision de l’entreprise sur elle-même et l’écoute d’attentes extérieures. Pour entendre, il faut se rencontrer. Il s’agit de porter des regards croisés, des attentes sociétales, des questionnements, d’anticiper des changements à opérer ou de hiérarchiser des questions internes. J’observe chez plusieurs entreprises ou secteurs les dialogues sociétaux devenir véritablement des instances clés que l’on a à cœur de consulter régulièrement lors de l’élaboration de plans, de stratégies, de positions.
Qui sont les parties prenantes d’une entreprise de transport public ?
A-M.D.
Elles sont très diverses : des usagers, des élus, des autorités organisatrices, des associations, des experts, des acteurs publics et économiques, des acteurs du développement durable, de la mobilité…
Comment qualifier le dialogue de Keolis avec ses parties prenantes ?
A-M.D.
Les parties prenantes ont joué pleinement le jeu du dialogue et des propositions, parfois surprises de l’initiative. Keolis de son côté a conçu ce dialogue avec beaucoup de volonté d’apprendre, d’entendre ce que des acteurs ont à dire sur son positionnement, ses activités, sa vision, ses projets. Keolis n’a pas hésité à indiquer les questions qui se posent parfois, à mobiliser plusieurs de ses dirigeants. Ce sont les signes d’une approche de modestie et de sérieux conjugués… Les acteurs affinent ensemble l’usage de telles rencontres dans le temps. Il faut créer des rendez-vous. À une époque où chaque heure est comptée, rationalisée, il faut aussi accepter, avec l’esprit ouvert, d’explorer. Il me semble que c’est ainsi que Keolis s’est engagé.
Sofia Escamilla
images
Le point K pour...
En quoi la certification de sécurité au travail est-elle déterminante ?
Michael Brandt-Nielsen
Président-directeur général de City-Trafik au Danemark
 
L’entrepôt d’Aalborg a reçu la certification de sécurité au travail 18001 en 2011. Comment cela s’est-il passé ?
M-B.N.
Avec le concours de Force Technology, l’une des principales sociétés de conseil dans les secteurs de la technologie et des services, nous avons formalisé nos processus existants de prévention des risques. La sécurité au travail est largement répandue dans notre entreprise ; nous n’avons pas eu à changer nos procédés pour obtenir la certification.
Comment envisagez-vous la suite pour pérenniser votre certification ?
M-B.N.
Notre ligne de conduite sera la suivante : maintenir un dialogue direct entre la direction locale et le personnel, assurer la formation sur le thème de la protection et du comportement à adopter en cas d’agression physique, attirer de nouveaux conducteurs et augmenter notre taux de fidélisation. Le respect de la législation sur la sécurité et la santé au travail reste bien évidemment une priorité au même titre que l’adoption de mesures de prévention des maladies professionnelles et des risques d’accident au travail.
Que vous apporte vraiment la certification ?
M-B.N.
Nous avons toujours appliqué des standards de sécurité rigoureux, et la certification 18001 nous permet aujourd’hui d’apporter la preuve de notre engagement. Notre objectif est de faire certifier d’autres dépôts, objectif qui ne pourra être atteint qu’en accord avec l’autorité locale. La certification est à mes yeux un critère déterminant car elle nous aide à rester vigilants sur la sécurité, qui est au cœur de notre métier.
Sofia Escamilla
images
Le point K pour...
Pourquoi recourir aux simulateurs de tramway ?
Anne Cambriel
Directrice de la formation et du développement chez Keolis
 
Quels sont les avantages
d’une formation sur simulateur plutôt que dans les véhicules ?
A.C.
Nos simulateurs de tramway offrent de très nombreuses potentialités : l’environnement et le tableau de bord sont extrêmement réalistes et recréent n’importe quelle ligne existante. Nous pouvons en outre simuler des situations dégradées : pluie, neige, voie encombrée… conditions impossibles à provoquer dans les formations sur site ! Ensuite, lors du debriefing, le formateur peut analyser objectivement avec chaque élève ses réactions et préconiser des améliorations. Enfin, ces simulateurs nous permettent d’effectuer les formations à tout moment sans incidence sur le trafic. Avec nos quatre simulateurs nous améliorons donc la sécurité, la qualité de service et les performances de nos tramways.
C’est un investissement très lourd…
A.C.
Il est vrai que l’acquisition et la personnalisation de ces quatre simulateurs représentent une dépense très importante. Cet investissement est possible grâce à sa mutualisation sur plusieurs de nos réseaux. Deux de nos simulateurs vont être dédiés à Lyon et Bordeaux en raison de l’importance des lignes de tramway. Les deux autres seront partagés entre Angers, Brest, Dijon, Orléans, Tours et Le Mans. Cette mutualisation nous permet d’offrir la même qualité de service à l’ensemble de nos réseaux, quelle qu’en soit la taille.
Comment les conducteurs ont-ils accueilli ces nouveaux outils ?
A.C.
Nous commençons à peine à tester ces simulateurs et nous développons l’ingénierie pédagogique spécifique : il est donc un peu tôt pour tirer des conclusions générales. Nous avions communiqué très largement auprès de nos conducteurs sur les nouvelles opportunités de cet outil, et les réactions étaient déjà enthousiastes. Les premières formations réalisées à Bordeaux ont montré qu’ils s’appropriaient très vite cet outil. Nous devrions donc rapidement observer sur le terrain les bénéfices concrets de l’acquisition de ces quatre simulateurs.
Sofia Escamilla
images
Le point K pour...
Le tramway, vecteur d’image pour la ville ?
Paul Nilsen
Directeur exécutif, responsable de l’administration et conseiller principal du comté de Hordaland (Norvège)
 
Quelle était la problématique de la ville de Bergen ?
P.N.
Avec 380 000 habitants, l’agglomération de Bergen est la deuxième de Norvège. Jusqu’en juin 2010 nous disposions seulement d’un réseau de bus et de trolleybus pour assurer les transports en commun, d’où de nombreuses difficultés de circulation en centre ville. En 2008, nous avons décidé de confier à Keolis associé à Fjord1 l’exploitation d’une nouvelle ligne de tramway pour une durée de sept ans à compter de juin 2010.
Comment s’est mise en place la collaboration avec Keolis ?
P.N.
Des experts du Mans sont venus à Bergen former 70 régulateurs qui à leur tour ont formé les conducteurs locaux. Pour Keolis l’enjeu était de taille puisque c’était son premier tramway lancé hors de l’Hexagone.
Votre regard sur le tramway aujourd’hui ?
P.N.
Aujourd’hui, notre Bybanen, comme on l’appelle, est une vraie réussite. Le tramway améliore considérablement l’image de notre ville. Respectueux de l’environnement, il fluidifie la circulation en centre ville. Des enquêtes menées en 2011 indiquent que le taux de satisfaction de la clientèle atteint 99 % pour la propreté des rames et le professionnalisme des conducteurs.
Et sur le choix de Keolis ?
P.N.
Nous avons vu juste en associant l’expertise du transport public de Keolis à la connaissance du tissu local de Fjord1. Keolis a également une structure financière stable, ce qui est un facteur capital de nos jours.
Paul Nilsen
images
Le point K pour Comment concilier les intérêts des colectivités & les attentes des voyageurs?