Chaque jour, partout en France et dans le monde, des conductrices et conducteurs, des agents de maintenance, des régulateurs, des contrôleurs, des managers de proximité assurent bien plus qu’un simple déplacement. Ils connectent au quotidien des millions de personnes à leur emploi, aux écoles, aux hôpitaux et à leur vie sociale. Ils incarnent une mission de service public essentielle, au cœur de nos territoires ruraux et urbains.
IA & emploi: Le transport croit à l’augmentation pas à la substitution

« Ne pas prendre le train de cette révolution serait une erreur »
Lydie Jallier
Un transport public sans humain n’a pas de sens
Parce que transporter, ce n’est pas seulement faire circuler des véhicules. C’est avant tout accueillir, informer, sécuriser. C’est gérer l’imprévu, accompagner les voyageurs, créer de la confiance. Autant de dimensions profondément humaines, qui ne se codent pas. Et pour preuve, le secteur des transports est sous tension. L’UTPF (Union des Transports Publics et Ferroviaires) estime que près de 100 000 recrutements sont nécessaires d’ici à 2030 pour faire face à la croissance de l’activité, aux départs à la retraite et aux besoins liés aux transitions énergétique et numérique. Et contrairement à d’autres secteurs, les métiers du transport public sont non délocalisables. Ils s’exercent sur un territoire, au plus près des habitants, dans une relation directe avec les voyageurs et les collectivités. Ils nécessitent une présence humaine permanente, une capacité d’adaptation, un sens du service que l’intelligence artificielle, aussi performante soit-elle, ne pourra jamais reproduire.
Faut-il pour autant craindre l’IA ?
Certainement pas. Et ne pas prendre le train de cette révolution serait une erreur. L’intelligence artificielle n’est pas une menace en soi. Elle est une opportunité. Bien utilisée, elle peut être un formidable levier au service des femmes et des hommes qui font vivre les transports publics. Elle peut aider à mieux anticiper les incidents, à optimiser la maintenance, à améliorer l’expérience des voyageurs comme des salariés et à moderniser nos façons de travailler. Elle nous a déjà permis d’améliorer très concrètement le quotidien des salariés, en permettant de construire des plannings plus souples et personnalisés, tenant compte des besoins de chacun et favorisant un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. L’intelligence artificielle est incontournable aujourd’hui et pour mieux anticiper demain, à condition de ne jamais perdre de vue l’essentiel : elle doit rester au service des salariés, et non l’inverse. Dans le transport public, nous faisons le choix clair de l’augmentation, pas de la substitution. Le choix que la technologie renforce le sens et la qualité du travail au lieu de l’effacer. À l’heure où certains discours laissent entendre que l’avenir du travail serait un avenir sans humains, il est urgent de rappeler une évidence : les missions de services publics - en particulier les transports - reposent sur des femmes et des hommes engagés. Investir pour l’avenir, c’est combiner l’intelligence artificielle et l’intelligence humaine, avec lucidité et responsabilité. C’est ainsi que nous construirons des mobilités plus performantes… et profondément humaines.



