Le « zéro accident » est-il un idéal réaliste ou une ambition inatteignable ?
Depuis les débuts de l’automobile et tout au long du siècle qui l’a progressivement imposée comme un mode de transport incontournable, les accidents de la route ont été considérés comme une externalité négative, mais inévitable. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les accidents de la route causent chaque année environ 1,19 million de décès dans le monde, soit plus de 3 200 morts par jour. Pourtant, des urbanistes, ingénieurs, informaticiens ou chercheurs en intelligence artificielle soutiennent aujourd’hui qu’il serait possible de réduire drastiquement la mortalité sur la route grâce au développement des véhicules autonomes, des smart cities et aux nouvelles technologies en général… Le « zéro accident » est-il un idéal réaliste ou une ambition inatteignable ?
Le premier argument est bien connu des défenseurs de l'intelligence artificielle : si l'erreur est humaine, retirez l'humain de l'équation et vous n'aurez plus d'erreurs. S'il y a des accidents, c'est souvent parce que le conducteur est faillible.
En tant qu'être humain, il peut être distrait, alcoolisé, agressif ou moins attentif. Un coup d'œil sur son téléphone, une baisse de concentration, puis le choc, la tôle qui se froisse, et les conséquences, souvent catastrophiques. Le même rapport de l'OMS précise ainsi que l'immense majorité des morts sur la route auraient pu être évitées. Au volant, une intelligence artificielle ne se fatiguera pas, ne s'énervera pas, ne s'enivrera pas, et ne se laissera pas distraire ou gagner par l'impatience. Tout ce qu'elle fera, ce sera de traiter de grands volumes de données en quelques millisecondes, en réagissant bien plus vite que ne pourrait le faire le plus habile des pilotes de Formule 1.
Là où l'humain montre ses limites, l'IA prend déjà une longueur d'avance : ses temps de réaction sont plus courts, passant de l'ordre de la seconde à celui de la milliseconde ; elle maintient une attention constante à la route, là où l'esprit humain peut divaguer ; à chaque instant, elle appréhende son environnement grâce aux caméras, capteurs, radars et lidars qui équipent les véhicules autonomes ; enfin, ses réactions sont plus uniformes et prévisibles que celles du plus placide des conducteurs à pulsation cardiaque.


